Titre : Temps de chien pour les requins

Auteur : Morris Gleitzman

Editeur: Grandes Personnes

Genre : roman jeunesse, humour

222 p.

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Oliver a dix ans et rêve d’avoir un chien. A son grand désespoir, ses parents, propriétaires d’une grande banque et très pris par leur travail, refusent catégoriquement d’en adopter un.

Nancy, son ancienne gouvernante, ayant perdu 11 000 $ dans un placement effectué sur les conseils du couple de banquiers, s’empare du chien tant convoité par Oliver et menace de l’exécuter si elle ne récupère pas rapidement la totalité de son argent investi.

Oliver intercède donc auprès de ses parents, mais se heurte à un refus. Sensible à l’injustice subie par Nancy, mais également et surtout inquiet du sort réservé au chien, Oliver, bien que pas très doué en maths, réfléchit à différents moyens d’obtenir rapidement les 11 000 $. Malheureusement, non seulement toutes ses tentatives échouent, mais son acharnement à sauver coûte que coûte Barclay (le chien baptisé ainsi par Oliver), à sortir Nancy de la situation compliquée dans laquelle elle se trouve, va l’entraîner dans une aventure aussi délicate que loufoque.

L’avis du libraire :

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on ne s’ennuie pas à la lecture de ce roman dans lequel l’auteur parvient à traiter avec humour et légèreté un thème grave et complexe à la fois : la finance et ses dérives.

Il y parvient grâce au regard naïf de l’enfant de 10 ans témoin d’une situation dramatique. Cette histoire est rendue plausible par le fait que l’injustice subie par Nancy n’est pas la cause première de son engagement.  En effet, il se bat avant tout pour sauver le chien de ses rêves. Et pour cela, il doit aider Nancy.

Cette naïveté, on la retrouve à de multiples reprises lorsque, par exemple, Oliver cite Google en tant que conseiller qu’il consulte régulièrement dans ses entreprises pour obtenir beaucoup de pépettes rapidement ou qu’il ne comprend pas que l’on traite ses parents d’assassins. Et il est vrai que l’on est parfois un peu comme Oliver en face de situations qui nous dépassent carrément.

On notera enfin la présence de Meuh, un dromadaire soigné par Nancy. Sa présence quelque peu loufoque n’est pas pour autant artificielle dans la mesure où cet animal joue un vrai rôle dans l’histoire qui finit dans le désert australien et contribue en très grande partie au message en tant que figure symbolique, voire allégorique.

La fin du roman nous présente une morale saine et nous invite donc à considérer cette histoire comme une fable moderne. Un roman drôle et efficace à mettre absolument dans les petites mains de nos futurs acteurs et décideurs de ce monde.